J’ai enfin osé pousser les portes du musée Roybet Fould de Courbevoie !

L’entrée du musée Roybet Fould

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’ai dû traverser le Parc de Bécon à Courbevoie des milliers de fois et pourtant je n’ai jamais mis les pieds dans le musée situé en plein cœur du parc, le musée Roybet Fould. J’avais tort !

Ce n’est pas une excuse, mais je ne suis pas le seul des visiteurs du parc à passer devant le musée sans y entrer. Même les jours d’affluence au parc, on ne voit pas d’immenses files d’attentes aux portes du musée. On ne voit jamais de file d’attente à vrai dire.

Et puis, je ne savais pas trop ce que j’allais y trouver dans ce musée. Les noms Roybet Fould ne me disaient pas grand chose. Je dis « les noms » car
il ne s’agit pas d’une seule personnes, mais d’un dénommé Roybet et de plusieurs Fould (ça se complique). Il se serait appelé le musée Matisse Picasso, cela aurait été différent.

Il y a bien une plaque à l’entrée du parc pour nous raconter l’histoire du musée. En réalité elle nous éclaire à peine sur ce que l’on va trouver à l’intérieur du musée. On dirait plutôt le résumé d’un gros roman de l’été ; avec des histoires de familles et d’amour, imbriquées et complexes. Accrochez-vous, j’essaye de vous résumer l’histoire en quelques phrases.
Ça commence avec un prince roumain…

Aux alentours de 1870, Georges Bibesco Stirbey, un prince roumain exilé en France, achète le château qui se trouvait alors au milieu du parc. En 1888 il épouse la comédienne (et sociétaire de la Comédie français) Valérie Wilhelmine Joséphine Simonin, veuve de Gustave Fould, un écrivain et homme politique français. Au passage, le mariage de Gustave avec une comédienne n’avait pas été du gout du père, Achille Fould, ministre de Napoléon III sous la deuxième république.

Notre prince roumain, brave homme, adopte les deux filles de Valérie Simonin, Consuelo Fould et Georges-Achille Fould. Elles seront toutes les deux artistes peintre. Pour elles, il fait remonter dans le parc deux pavillons de l’exposition universelle parisienne de 1878 qui leur serviront d’atelier. Consuelo s’installe dans le pavillon de la Suède et de la Norvège, l’actuel Musée Roybet Fould, et Georges-Achille dans celui des Indes anglaises.

Et Roybet dans tout ça ? On y arrive. À sa mort en 1927, Consuelo Fould a légué le pavillon de la Suède et de la Norvège à la ville de Courbevoie. Par testament elle demande que le bâtiment soit consacré à l’oeuvre du peintre Ferdinand Roybet, qui fut son ami et son maître.

Voilà comment est né le musée Roybet Consuelo Fould.

Et lorsque que l’on pousse les portes du musée ? D’abord il faut le faire pour le lieu. Il s’agit d’à peine quelques mètres carrés, mais c’est une visite dans le temps et à l’abri de la fureur de la ville. Des pièces aux parquets impeccables, de petits couloirs lambrissés et des escaliers dont on ne sait où ils mènent…

Et puis les œuvres… sans vouloir lui faire offense, ce ne sont pas forcément les tableaux de Ferdinand Roybet qui retiennent l’attention. Certes il s’exécute magistralement dans des tableaux à la manière de Velasquez ou de Rembrandt, mais sans grande originalité. On retiendra tout de même un grand tableau qui résonne avec notre actualité et intitulé « Le refus des impôts ».

Au final, c’est la découverte d’un tableau de la benjamine des filles Fould, Georges-Achille, qui vaut à lui seul la visite : un portrait extraordinairement vivant d’une chauffeuse de tramway.

La chauffeuse de tramway de Georges-Achille Fould

Je crois que désormais j’aurai du mal à traverser le Parc de Bécon sans rendre une petite visite au Prince, à son épouse et à ses deux filles. Rassure-toi, toi aussi Ferdinand, je viendrai te saluer…

(L’entrée du musée est gratuite.)